Diagnostiquées Surdouées en 1967 avec ma sœur…

QI QE vient d’une histoire lourde : Diagnostiquées Surdouées, avec ma sœur (presque jumelle, tellement proche), nous fûmes en butte aux sarcasmes et au mépris de notre mère, notre ancienne institutrice, qui ne pouvait supporter cette état de fait : ses deux filles sont diagnostiquées surdouées !

De quoi se sentait-elle dépossédée pour nous faire payer si fort nos personnalités à Haut Potentiel ? Je pense qu’elle a compris que nous avions nos existences  propres, séparées d’elle, à cette révélation…

Diagnostiquées Surdouées : l’institutrice n’a pas su repérer la douance… bien qu’une de ses expressions favorites fut :  “je n’ai jamais compris comment vous avez su lire et écrire toutes seules”…  … “Vous êtes premières, je vous enlève trois points en discipline pour vous mettre deuxièmes”.

De là, son déni systématique de nos capacités et la mise en place d’une impossibilité pour nous deux à exister. Elle fauchait toute aspiration de réalisation pour chacune de nous : Dominique l’artiste peintre, moi la dingue de jazz et de danse rythmique que ma professeure voulut emmener à New-York… Refus !

Je passe toutes les passions qu’ils nous fallut « ravaler ».

Au lycée se cantonner à des notes de 10 à 11 pour ne pas réveiller ses foudres ; impossible en maths/physique, car emportées par le jeu, nous étions à bien plus… Malheur !

Il ne fallut pas rêver de la fac ; ces parents hors du besoin se disaient pauvres pour payer des études à des “gosses totalement nulles”.

Ma chère mère me trouva un travail auprès de trisomiques et autistes. Super, la surdouée entourée de débiles ! Je n’en suis pas morte car mes patrons ont vu en moi des capacités et m’ont aidée…

Ma sœur décompensa : schizophrénie, psychose paranoïaque.

Je l’enlevai de l’hôpital psychiatrique pour la protéger, mais la maladie était installée, je ne pus faire grand-chose.

Le lien si fort était dans un ailleurs, et elle ne le retrouva plus.

À ses quarante ans elle déclara un cancer, sa gauloise, compagne favorite eût raison de ses poumons et je dus assumer sa fin.

En état de choc, avec la sensation d’amputation de ma moitié, en extrême souffrance émotionnelle, j’éprouvais et je vérifiais la totale incompréhension de mon entourage.

Exemple qui fait bien mal : je m’effondrai dans les bras d’un “ami” : “tu te rends compte, j’ai dû demander la fin de ses souffrances, c’est pratiquement ma jumelle” ; et lui de répondre : “c’est la vie”.

Je mesurai là ma solitude.

Je me suis retranchée chez moi dans le Gers pendant 25 ans à me restructurer, maintenant, je pense être en phase avec moi-même pour pouvoir accueillir des surdoués chez moi, pour des moments de partage et de recherche sur la douance : comment bien la vivre, comment en faire de l’énergie porteuse de projets, de vie ouverte et apaisée.

Au bout de ce retranchement volontaire, rescapée des affres de la solitude et de l’incompréhension des prescripteurs en tout genre, j’ai compris et exercé : “le passage à l’acte” ; je veux dire : sortir de la rumination qui invalide, qui garde en procrastination, qui met en état de manque, en état d’ennui, en état de dévalorisation.

C’est Faire et surtout commencer, s’autoriser à Faire : Bannir les “Il faut que…”. Je fais !

À mes plus de soixante ans, il m’est possible de ne plus souffrir d’ennui, d’être moins en colère du caractère vain de la vie puisque la mort est au bout.

Parce que, désormais, à Faire comme je le décide, j’ai un sentiment d’inscription, QI QE donnant du sens.

Sans prétention aucune, le groupe en étant garant !

À affiner ensemble. À tout de suite ! Claire.